De prison en prison, de camp en camp jusqu'au regroupement à Compiègne et la déportation,
voici l'itinéraire suivi par mon grand-oncle et des milliers d'autres victimes de la
collaboration. Ils avaient la liberté et la paix comme poumons et
leur pays au coeur.
Pour certains l'itinéraire commence dès 1938 comme pour les antifascistes
allemands réfugiés en France, les combattants républicains espagnols et les anciens des
Brigades Internationales.
- Le11 novembre 1940
mon grand-oncle est arrêté par la police française sur les quais de la Seine à Asnières.
- Le 14 novembre un mandat de dépôt est
signé par le juge d'instruction de 1ère instance
du département de la Seine, motif d'inculpation :
"propagande communiste". Il est condamné à 4 mois de prison par la 10è chambre correctionnelle
pour infraction au décret-loi du
26 septembre 1939.
- Le 15 novembre il est emprisonné à "La Santé".
Mon grand-oncle nous dira
toujours que son arrestation était le fruit d'une
dénonciation et que les tracts saisis chez lui y avaient
été déposés à son insu lors de la perquisition faite
simultanément à son arrestation sur les quais de la
Seine à Asnières.
- Le 27 février 1941 mon grand-oncle est transféré à la centrale de
Clairvaux, dans le département de l'Aube. Où Guy Môquet
sera détenu en même temps que lui, Guy Môquet est transféré de Clairvaux à Châteaubriant le 16 mai 1941.
- Le 25 septembre 1941 il est interné à Gaillon dans le département de l'Eure.
- Le 3 mars 1942 il est déplacé à
Voves dans le département de l'Eure-et-Loir.
- Le 15 mai 1942 c'est le départ pour
Compiègne
ultime étape avant la déportation. Il porte le matricule n°508.
- Le 23 janvier 1943 il quitte Compiègne pour le camp de concentration de Sachsenhausen.
- Le 25 il arrive au camp.
De son métier, tourneur-fraiseur aux usines d'aviation
Morane et Saulnier à Puteaux (92), il est affecté au block 3C du
kommando Heinkel. Dans ce kommando, il participera à la résistance et à l'organisation du
sabotage du He-177.
Et, autre forme de résistance, il fabriquait en cachette différents
objets.
Un moyen pour lui comme pour d'autres déporté-es de montrer qu'ils n'étaient pas que des nombres, mais des femmes et des hommes
capables de création, un moyen aussi de s'évader quelques instants.
- Le 22 mai 1945 son arrivée est annoncée par
télégramme. Les camps sont libérés. Il rentre ne pesant plus que 36 kilos.